Notre rêve, ce sont nos objectifs européens de souveraineté et aussi en parallèle d’efficacité de la politique monétaire, et de toutes les politiques financières, d’intégration économique et d’innovation…
Mais, aujourd’hui, il faut revenir sur terre, car la réalité est dure.vi
La réalité, c’est (1) le bulldozer de la politique américaine pour maintenir la suprématie du dollar, en s’appuyant notamment sur les stablecoins libellés en dollars, (2) la stratégie des BRICS pour opposer au dollar un panier de monnaies digitales de grands pays émergents, (3) la puissance de feu des ICS et des Big Techs américaines ou asiatiques, qui maîtrisent les sous-jacents technologiques, les infrastructures et les solutions end users au niveau des paiements, (4)) le développement de solutions alternatives aux monnaies dites “fiat” portées par des acteurs qui veulent agir en dehors des régulations européennes, américaines ou asiatiques, et qui prônent des stratégies décentralisées sans régulateurs, face aux solutions raisonnables d’intégration des DLT dans tous les compartiments de la sphère monétaire, bancaire et financière. Et enfin (5) les grands bouleversements qui sont attendus à 3 ans désormais en matière d’IA et de Quantique.
Ainsi nous assistons depuis six mois au plan mondial à une accélération foudroyante d’annonces parallèles dans tous ces domaines technologiques et des paiements, qui rapprochent les échéances. Et la méthode européenne qui s’appuie sur des réglementations structurelles, très longues à élaborer car fondées sur des consensus à 27 et bientôt à 30 pays, se trouve mise en défaut par son incapacité à mettre en œuvre une régulation qui, tout en restant structurelle, permettrait de répondre plus rapidement aux évolutions brutales du contexte politique, économique, technologique et financier international.
Certes l’Europe essaie de se doter d’outils pour transformer ses rêves en réalité, et on peut en citer d’innombrables entre la future Directive et le futur règlement sur les services de paiement (DSP3 et RSP), la mise à jour de MiCA et de l’IA Act, voire avec les règlements eIDAS2, DORA, et bien d’autres… Et l’Europe a découvert il y a cinq ans les enjeux de la Souveraineté des paiements, et redécouvert dernièrement, la Souveraineté monétaire, et elle essaie avec le « paquet » législatif sur la monnaie unique et divers projets de la BCE, de renforcer le rôle international de l’euro . Bref, beaucoup d’enjeux, et beaucoup de rêves.
L’Europe fait donc face à un énorme défi, et comme nous l’avons maintes fois dit et écrit, c’est un défi qu’elle ne pourra affronter sans un consensus fort avec les acteurs du marché, et pas uniquement entre les diverses instances de gouvernance européenne, donc sans une coopération forte publique/privée. Et c’est là que le bât blesse : l’écart est grandissant entre les acteurs du marché et ceux en charge des questions publiques, au Parlement européen comme à la BCE et à la Commission Européenne, que ce soit dans le domaine des paiements de détail ou de gros. Et il va être temps d’essayer de renouer les liens…
Alors pour illustrer notre propos, faisons déjà un point des évolutions en cours, puis expliquons les motifs de ces écarts, et essayons de proposer des voies de convergence, à défaut de consensus.
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Nous vivons actuellement une double révolution dans les paiements :
– une révolution du scriptural, qui atteint son apogée dans le domaine des paiements électroniques,
– une révolution technologique, qui impose une rupture et la construction parallèle de nouveaux rails de paiements
- La révolution du scriptural
La révolution dans le domaine des paiements électroniques est caractérisée par la généralisation de l’électronique à toutes les sphères de la chaîne des paiements, et au-delà, jusqu’à la facturation électronique, avec la montée en puissance du paiement instantané dans tous les domaines des paiements, y compris pour les transactions internationales, et une sophistication des solutions d’authentification et de modalités de paiement, y compris par carte, avec de nouveaux parcours et de nouvelles interfaces, et parallèlement la place centrale que les wallets multi-instruments vont prendre dans les systèmes de paiement, comme avec le projet Wero et tous les XPay. Sans parler de l’agentique…
Cette révolution du scriptural, très puissante et internationale, a détrôné les espèces comme premier moyen de paiement de l’économie européenne, au profit principalement de la carte bancaire de paiement, suscitant une réaction des banquiers centraux. Ceux-ci ont souhaité réagir en lançant une MNBC sous forme d’une monnaie électronique au sens de la Directive européenne, appelée «billet numérique », pour « préserver la liberté de choix des consommateurs européens face aux solutions non européennes », selon la BCE. Mais, ne le nions pas, c’est également pour conserver la place de la monnaie centrale dans les paiements courants, et contrecarrer ainsi la montée en puissance des solutions scripturales de paiement, certes surtout internationales dans de nombreux pays européens, tout en s’attachant par ailleurs à consolider la place des espèces dans l’espace européen des paiements.
Les évolutions de la politique américaine depuis cinq ans, et surtout depuis un an et demi, la volonté de l’administration américaine d’assurer la primauté du dollar et d’en faire une arme politique, a remis au goût du jour le concept de souveraineté, et a redonné un nouveau motif au lancement de l’euro numérique. Même si aucun besoin ne se faisait ressentir en ce domaine auparavant. Comme l’a dit Fernando NAVARRETE[1] “Les Européens n’ont pas le sentiment qu’il y a une urgence à changer comment nous payons. Les systèmes de paiement actuels fonctionnent raisonnablement bien”
En ce domaine, le premier semestre 2026 est marqué par :
- Le déploiement accéléré de Wero et la multiplication des wallets des Big Techs annonçant une bataille forcenée en ce domaine,
- De nombreuses annonces en matière d’authentification et de modalités de paiement, et l’annonce de projets européens en accompagnement des wallets d’Identité numérique, y compris privés, comme l’a fait dernièrement Google,
- Et parallèlement, la convergence politique nouvelle entre les divers acteurs de la gouvernance européenne pour lancer l’euro numérique, et pour disposer d’une solution de paiement, en cas de menace majeure de fermeture des solutions de paiement internationales[2], une sorte de MIR[3] à l’européenne…
Cette stratégie européenne recueille désormais un consensus politique nouveau et fort, pour assurer la souveraineté monétaire, et au-delà, la primauté de solutions de paiement européennes, et ce premier semestre 2026 en est témoin. Avec en contrepoint, une opposition bancaire non résolue à baisser la garde, au nom de l’efficacité, tout en assurant la volonté d’assurer par des moyens privés la souveraineté monétaire, et la souveraineté des paiements européens.
Mais, comme l’a complété Fernando NAVARRETE[4] « Mais il existe un problème sous-jacent : l’Europe dépend excessivement des acteurs non européens pour les paiements de détail, notamment dans les transactions transfrontalières au sein du marché unique. Cette dépendance nous rend vulnérables dans un contexte géopolitique de plus en plus complexe. C’est pourquoi nous avons besoin d’alternatives européennes solides, compétitives et évolutives. Il ne s’agit pas seulement d’efficacité, mais aussi de souveraineté ».
Et le Parlement européen devrait dès lors logiquement valider[5] le paquet réglementaire sur l’euro de la Commission européenne diffusé en juin 2023… Il aura donc fallu trois ans pour cette adoption… sans avoir encore atteint un consensus, qui reste l’objectif majeur pour le succès du projet.
Mais il restera deux points à clarifier :
- D’abord l’apport de l’euro numérique en matière de souveraineté : l’euro numérique apparaît davantage comme une solution de dernier recours, en cas de défaillance majeure des solutions privées européennes, et ne devrait pas a priori bénéficier de la richesse des services qu’offrent les solutions scripturales, même en s’appuyant sur elles ; il ne permettra ni d’interdire aux acteurs internationaux d’émettre des instruments qui utiliseront cette nouvelle forme de monnaie, ni d’asseoir réellement la souveraineté de l’euro au plan européen ou mondial. Il y a sur ce point des clarifications qui pourraient être apportées dans la phase de trilogue qui suivra le vote du Parlement européen et devrait se dérouler à l’automne…
- Puis, l’euro numérique n’est pas à proprement parlé un nouveau rail de paiement car il ne relève pas d’une rupture technologique mais d’une forme de monnaie déjà ancienne, une monnaie électronique, émise par la BCE, en contrepartie de monnaie fiduciaire ou scripturale, mais qui sera présente partout et dont l’acceptation sera obligatoire partout dans la zone euro. Et il va s’appuyer sur le parc d’acceptation existant des paiements par carte ou à distance, et sur les standards d’acceptation existants, sur les instruments de paiement existant pour les transactions courantes, cartes et wallets, avant l’apparition de nouveaux instruments stand alone, notamment des wallets spécifiquement euro numérique, et sur les banques pour le KYC via des comptes miroirs. Mais il met en œuvre une architecture centralisée, à la BCE, et donc, qui ne s’intègre pas à l’architecture des paiements scripturaux existants. Et cela s’apparente pour beaucoup à un nouveau rail dont le coût est estimé autour de 5 Mrds € par la BCE.
- La révolution technologique
L’autre évolution majeure est la révolution technologique en cours, qui va agir en deux sens : révolutionner les paiements scripturaux existants, et conduire à créer de nouveaux rails de paiement.
Cette révolution est caractérisée par :
- L’accélération incroyable des performances de certains modèles d’intelligence artificielle générative (Mythos, Open AI 5.5, …) et les ruptures brutales que ceux-ci peuvent induire sur les chaînes des paiements, et notamment via l’agentique,
- La sortie de la cryptographie du monde fermé des “geeks” pour s’étendre aux professionnels de la finance et des paiements, notamment aux banques, avec le développement de la tokenisation, la reconnaissance de l’importance des dépôts bancaires tokenisés et des stablecoins privés, en euros, pour la souveraineté européenne des paiements, et avec notamment du côté bancaire le lancement du projet européen QIVALIS de stablecoin en euros, et de nombreux projets de Deposit Tokens lancés par les banques au plan international,
- L’annonce d’une accélération du Quantique, avec les premières machines Microsoft disponibles dès 2029, et même la disponibilité dès cette année de l’accès à des ordinateurs quantiques, et dès lors, la nécessité d’anticiper dès à présent ses effets, comme le recommande l’ACPR.
Avec toute une série d’évolutions parallèles complémentaires indispensables tant en matière de sécurité, que de confidentialité, de résilience et de rentabilité, comme par exemple avec la nécessité de dépasser les solutions actuelles d’authentification à deux facteurs pour envisager la révolution du numérique au travers de l’identité numérique de niveau élevé et de la signature électronique, voire le recours aux blockchains comme moyens ultime de preuve des transactions…
De nouveaux rails sont en constructions parallèlement à la poursuite de l’amélioration du rail scriptural existant qui reste pour le moment dominant dans tous les compartiments du paiement. Et comme cela a été dit par de nombreux experts, l’objectif n’est pas seulement de créer de nouveaux rails, mais de développer une stratégie globale qui permettrait de mettre en relations les rails existants et futurs des paiements.
Cela est vrai pour les paiements de détail, mais cela est aussi vrai pour les paiements internationaux, pour les règlements des transactions sur actifs numériques et pour les règlements interbancaires.
C’est le cas pour les paiements internationaux pour lesquels il y a (comme évoqué plus haut) un développement extrêmement fort du paiement instantané en parallèle du développement de solutions sur actifs numériques. C’est un marché majeur, qui représentait 195 trillions de dollars en 2024, devrait dépasser 250 trillions de dollars d’ici 2027, pour attendre les 330 trillions de dollars d’ici 2032, faisant de l’innovation sur les rails B2B et cross-border l’un des principaux axes d’investissement du secteur. La convergence stablecoins / dépôts tokenisés / paiements instantanés s’impose comme la principale ligne de fracture compétitive à l’échelle mondiale.
C’est aussi le cas pour le règlement des transactions sur actifs numériques, qui est parallèle à la tokenisation des actifs financiers traditionnels, qui est en démarrage, et pour lesquels l’objectif ultime est l’atomicité de la transaction et de son règlement. En ce domaine, les DLT vont apporter des gains de productivité considérables dans le post-marché.
Et c’est le cas enfin pour les règlements interbancaires en monnaie centrale, pour lesquels la BCE est contrainte de lancer un double projet de monnaie centrale : PONTES dans la continuité de l’existant, en intégrant les DLT, et APPIA, en logique full DLT.
Parallèlement, d’autres projets ont été lancés pour soutenir cette dynamique, notamment le projet Pythagore, qui sera conduit par la Banque de France avec Euroclear, et qui vise à tokeniser ce qu’on appelle le NEU CP (Negotiable European Commercial Paper), dont le pilote est prévu fin 2026, et le projet Agora conduit par la BRI, pour tester la complémentarité MNBC et Stablecoins pour les paiements internationaux. Ce dernier projet a remis les conclusions de sa première phase d’expérimentation visant à moderniser les paiements internationaux grâce à la tokenisation. Mené avec 8 banques centrales et près de 40 institutions financières, le prototype est validé. La principale avancée technique du projet Agorá réside dans le concept de « règlement atomique » permettant de réunir plusieurs transferts liés dans une seule opération indivisible, et d’éviter les risques de paiement sans contrepartie. L’autre avancée technique est sur l’apport des « smart contracts », qui permettraient notamment d’automatiser la conformité (lutte anti-blanchiment, sanctions, détection de fraude) directement dans les transactions… Le projet Agora va maintenant passer en phase de test.
Tout le monde l’a bien compris : de nombreux rails sont en cours d’être testés, et vont pouvoir se combiner pour améliorer les paiements nationaux et internationaux. Et le sujet n’est plus de dominer tel ou tel moyen de paiement mais de maitriser les rails de paiement, et surtout leur interconnexion. Ainsi, depuis plusieurs années, les schemes cartes internationaux développent des solutions pour mettre en relation les paiements par carte, et les cryptoactifs, en contrepartie des paiements. Et PayPal a déjà lancé son propre stablecoins Et certains acteurs essaient de combiner agentique, rail scriptural, et autres innovations, pour essayer de dominer les échanges ou de se mettre au centre du jeu. Et le wallet sera certainement l’outil central, avec son identité numérique, comme l’envisage Wero.
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Dans ce paysage, en profond changement permanent, les évolutions en cours cristallisent les oppositions plutôt que de conduire au consensus et au développement du partenariat public/privé.
Ainsi, aujourd’hui, plusieurs grands débats ont surgi au détour du développement des stablecoins.
Les stablecoins sont passés d’un statut de nouveau moyen cryptoactif stable, aux frontières des marchés financiers, à celui d’un instrument au cœur de la finance mondiale. Et évidemment, ils créent des craintes et des rejets…
Déjà, la Banque de France avait demandé certains ajustement pour MiCA, le règlement européen autorisant le développement des cryptoactifs, sous certaines conditions : la nécessité d’un renforcement de MiCA, pour restreindre l’usage des stablecoins dans les paiements quotidiens, d’autant plus lorsqu’ils sont adossés à une monnaie autre que l’euro, et pour limiter l’émission multiple du même stablecoin à l’intérieur et à l’extérieur de l’UE, afin de réduire les risques d’arbitrage réglementaire en période de tension.
D’un autre côté, deux critiques majeures avaient été émises contre les stablecoins : d’une part la domination écrasante des stablecoins en dollars, et d’autre part, l’absence d’interopérabilité entre divers stablecoins, quelle que soient les devises sous-jacentes. Pour y répondre, les acteurs privés du marché européen, et notamment les banques européennes, ont pris le virage des stablecoins, et même pris l’initiative de lancer des stablecoins en commun, pour répondre à la question de l’interopérabilité, comme avec le lancement de Qivalis, ou de tester le règlement de transactions sur actifs numériques avec des stablecoins privés, comme avec le pilote entre Swift et Société Générale Forge.
Et on a vu plusieurs banquiers centraux prôner le partenariat public/privé en soutenant l’émission par des banques de stablecoins libellés en euros, comme l’avait fait à l’automne dernier le Gouverneur de la Banque de France. Ainsi, Ulrich BINDSEIL, ancien Directeur général Infrastructures de marché et paiements (MIP) de la BCE, dans un rapport pour l’association « Blockchain for Europe »[6], a indiqué que le règlement MiCA actuel était trop restrictif, et risquait de sortir le marché des stablecoins en dehors de l’Union européenne. Et ce rapport propose un ensemble de réformes ciblées et pragmatiques visant à garantir que MiCA soutienne un écosystème de stablecoins en euros compétitif, résilient et globalement pertinent.
Mais, désormais, les banques centrales, et la BCE en particulier, ont mis en garde les acteurs du marché par rapport à l’émission de stablecoins, y compris en euros.
Isabelle SCHNABEL, économiste de renom et membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), qui joue un rôle crucial dans l’orientation des politiques monétaires, a alerté sur l’impact des stablecoins sur l’efficacité des politiques monétaires, et même plus, tout en affirmant que[7] « l’innovation monétaire privée peut offrir des bénéfices significatifs », elle a indiqué qu’ « elle peut accroître les risques de stabilité financière, affecter la transmission de la politique monétaire et modifier l’ordre monétaire international ». Et elle conclut que « l’innovation seule ne suffit pas à garantir un succès durable. Nous devons également mettre en place des garde-fous pour préserver la stabilité financière, la transmission de la politique monétaire et le rôle international de l’euro ».
Christine Lagarde avait également mis en garde contre le recours aux stablecoins, en indiquant que même les stablecoins libellés en euros comportaient des risques pour la stabilité bancaire et la transmission de la politique monétaire[8].
D’un autre côté, aux USA, un débat, sur la rémunération des stablecoins face à la rémunération des autres actifs, freine l’adoption du Clarity Act, et provoque l’ire des banques américaines. Et celle-ci investissent désormais également pour mettre en place des « Deposit tokens » communs.
Tous ces débats sont nécessaires pour arriver à une règlementation consensuelle, mais, indirectement, ils remettent en cause l’apport des stablecoins, notamment au nom de l’efficacité des politiques monétaires, et dès lors, remettent aussi en cause le partenariat public/privé indispensable au plan européen pour espérer assurer la souveraineté monétaire européenne. Dans la phase actuelle, il faudra donc disposer très rapidement d’un cadre règlementaire stable et consensuel, qui évite de freiner le déploiement de stablecoins en Euros et le partenariat nécessaire au consensus en Europe, tout en répondant aux craintes des banquiers centraux.
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Ainsi, bon an, mal an, le développement de solutions de paiement tokenisées en Europe, et au plan mondial, est en route, et il faut laisser du temps, pour que les débats se stabilisent, et que des solutions soient trouvées pour générer des consensus indispensables, en Europe, comme aux Etats-Unis.
Il faut donc s’interroger sur ces futurs rails des paiements européens, sur l’apport de la tokenisation dans la fameuse “nouvelle guerre des monnaies” en cours, sur le futur policy mix européen entre les diverses formes de monnaies et leur apport respectif, et sur les diverses solutions pour les paiements et règlements de gros, à la fois pour les transactions internationales, les transactions sur actifs numériques, et toutes les formes de règlement interbancaires.
Il faut aussi s’interroger sur les moyens dont dispose l’Europe pour atteindre ce consensus qui sera l’arme essentielle pour asseoir la souveraineté européenne, et dynamiser le marché européen.
C’est ce que nous ferons le 25 juin prochain avec notre Rencontre FRANCE PAYMENTS FORUM, avec le concours de Paris Europlace, sur « Les Nouveaux rails de paiements en Europe : Monnaies numériques centrales et commerciales, et Tokenisation ».
[1] Cf. Post LinkedIn de Fernando Navarrete (6 mai)
[2] Comme vient de le faire le gouvernement américain pour certains modèles d’IA les plus puissants, Mythos 5 et Fable 5 d’Anthropic.
[3] MIR est le système national de paiement par carte géré par la Banque centrale de la Russie, et créé par le gouvernement russe, en réaction à la décision prise par les Schemes cartes américains (American Express, Visa et Mastercard), de ne plus autoriser l’utilisation de leurs cartes de crédit sur le territoire russe, à la suite de la conquête par la Russie de la Crimée.
[4] Cf. Post LinkedIn de Fernando Navarrete (6 mai)
[5] Suite au vote de la Commission des affaires économiques et monétaires (ECON) prévu le 23 juin, le vote en assemblée plénière devrait intervenir courant juillet.
[6] Reforming MiCA for Euro Stablecoins (mai 2026)
[7] From money market funds to stablecoins: lessons for central banks (speech d’Isabel Schnabel, 1er juin)
[8] Stablecoins and the future of money: separating functions from instruments (speech de Christine Lagarde, 8 mai)


