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La Souveraineté européenne des paiements et la veillée avant les votes sur l’euro numérique.

Une grande question agite aujourd’hui le monde des paiements : la Souveraineté. FRANCE PAYMENTS FORUM a tenté de contribuer à de multiples reprises à ce débat , dans un esprit citoyen et constructif, en essayant de clarifier un objectif politique, emprunté au monde militaire, et de le transposer au plan opérationnel.

Une autre question, induite par la première, ou qui lui emprunte sa dynamique, après de nombreux détours, concerne le lancement d’un euro numérique. FRANCE PAYMENTS FORUM a également tenté de contribuer à de multiples reprises au débat, dans un esprit citoyen et constructif, en essayant de proposer diverses orientations en vue de créer les conditions du consensus entre pouvoirs publics et acteurs professionnels, notamment les banques.

Ces deux sujets sont aujourd’hui imbriqués dans les paiements et l’un et l’autre à l’ordre du jour.  FRANCE PAYMENTS FORUM a, tout dernièrement, contribué au premier sujet  en  organisant le 14 avril une Rencontre sur la Souveraineté européenne des paiements numériques, et s’apprête à nouveau à contribuer au second sujet, en proposant d’organiser le 25 juin une Rencontre sur l’euro numérique et le futur des paiements numériques en Europe, comme nous l’avions fait l’an dernier, avec la participation de Piero CIPOLLONE.

Alors essayons de faire un point sur les deux sujets, sachant que le premier est… prioritaire. Car il s’agit de s’entendre sur ce dont on parle et d’arrêter une stratégie unique au plan européen, consensuelle et porteuse d’une dynamique collective.

 

 

La Souveraineté européenne des paiements

Hervé SITRUK, Président-Fondateur FRANCE PAYMENTS FORUM

Le concept de Souveraineté que tout le monde utilise et auquel chacun affirme son attachement, est un concept très imprécis, à défaut d’une définition claire et d’une déclinaison en matière opérationnelle. De même que dans le domaine militaire, sans clarté de l’objectif et sans une réelle stratégie opérationnelle, aucune victoire ne peut être acquise. Et nous avons déjà publié plusieurs éditoriaux sur ce sujet pour tenter de clarifier le concept et le débat. Et le meilleur moyen était alors de donner la parole aux acteurs clés, acteurs publics et acteurs du marché, et c’est ce que nous avons fait le 14 avril dernier, lors de notre Rencontre sur « La stratégie européenne des paiements numériques à l’heure de la Souveraineté ».

 Cette Rencontre a montré que le concept de souveraineté et sa criticité n’étaient pas perçus dans les mêmes termes entre Pouvoirs publics et acteurs professionnels du marché, et que des clarifications étaient nécessaires.

  1. Un concept qui devient critique

Ainsi, lors de notre Rencontre,  Astrid COUSIN, nouvelle Directrice des Politiques Horizontales de la DG FISMA, de la Commission européenne, a donné une nouvelle forme au concept de Souveraineté dans les paiements en évoquant « trois enjeux majeurs, de compétitivité, d’innovation et de sécurité économique, qui restent primordiaux pour la souveraineté des paiements européens », enjeux qu’elle a déclinés.

Le terme de « sécurité économique », qui recouvre « la résilience, qu’on appelle aussi « autonomie stratégique » » est le troisième pilier de la stratégie de la Commission. Pour Astrid COUSIN, « Dans ce contexte international très incertain, nous voyons une « weaponization » de notre système de paiement. La dépendance devient donc un vrai défi géopolitique. C’est pourquoi la souveraineté des paiements est plus que jamais au cœur de la réflexion de la Commission et qu’au niveau de la stratégie sur la sécurité économique, le secteur des paiements devient un secteur aussi stratégique que les secteurs des télécom, de l’énergie, du cloud, de la défense et de la santé ».

Ce terme de « sécurité économique » a déjà été utilisé par la Commission européenne pour mettre en avant certains enjeux majeurs, comme les dépendances stratégiques en matière d’approvisionnements, la sécurité technologique et cyber, le développement des investissements étrangers en Europe et l’accroissement de la concentration via notamment la prise de contrôle d’actifs stratégiques par des acteurs non-européens, les coercitions économiques (sanctions, restrictions commerciales), … qui ont tous pris de l’ampleur et de la criticité du fait de certaines tensions géopolitiques.

Et dans le domaine des paiements, le recours au concept de Sécurité économique fait notamment référence à plusieurs vulnérabilités européennes, comme notamment la part des ICS dans les paiements par carte en Europe ou celle des Big Techs dans les technologies et solutions au cœur des paiements numériques, voire la part des stablecoins en dollar dans les transactions de gros au plan international. Et bien d’autres vulnérabilités encore, notamment en termes de stockage des données européennes ou de cybersécurité.

Et Thomas VLASSOPOULOS, nouveau Directeur Général des Infrastructures de marché et des paiements de la BCE, a pour sa part bien insisté sur ces vulnérabilités, notamment sur les « external dependencies » aux solutions internationales, dans un monde qualifié de « more fragmented, more transactional, and in some respects more adversarial ». Et considérant que les « payment systems are critical infrastructure – becomes susceptible to being used as a lever for geopolitical influence”, il conclut que “In a world where such dependencies can be exploited, pan-European payment solutions are not merely a matter of commercial preference. They are a precondition for our collective resilience”, et il a ajouté: “This is a point that is being recognised at the highest political level in Europe, including in a recent speech by the President of the French Republic[1] .

Ce point de vue a été conforté par Erick LACOURREGE, Directeur general des Moyens de Paiement de la Banque de France, qui a rappelé que “nous évoluions plus que jamais aujourd’hui dans un contexte où les paiements sont devenus des instruments de puissance. En effet, les tensions géopolitiques, la numérisation accélérée des paiements et l’essor de la finance tokénisée ont révélé, ces dernières années, le rôle central que jouent les acteurs, les standards et les technologies non européens dans les systèmes de paiement en Europe. Ces évolutions alimentent de façon très claire un risque de perte de stabilité et d’autonomie stratégique pour nous, en tant que Français et Européens. Ces risques sont encore accrus par les stratégies de souveraineté qui se développent et qui parfois s’opposent dans les différentes zones géographiques ».

Dès lors, clairement, le choix ne serait plus individuel mais collectif, ne serait plus exclusivement commercial, mais politique.

Pour les pouvoirs publics européens, pour y répondre, il faut « construire notre autonomie stratégique, notre résilience et notre souveraineté », comme l’a indiqué Astrid COUSIN, et notamment « une condition essentielle est que nous devons disposer d’infrastructures financières pleinement intégrées, efficaces et souveraines. Et au cœur de ces infrastructures financières, il y a les paiements ».

C’est également dans ce contexte que  la BCE a publié tout récemment  la stratégie globale de l’Eurosystème pour l’avenir des paiements européens  qui a été présentée par  Thomas VLASSOPOULOS, et qui poursuit plusieurs objectifs  : « The strategy is built around four aims : (i) maintaining the role of central bank money as the anchor of our two-tier monetary system, (ii) achieving strategic autonomy and greater resilience for European payments, (iii) fostering an integrated, competitive, and innovative payments ecosystem, and (iv) supporting the international role of the euro”.

Toutes ces citations longues sont là pour bien montrer un changement majeur du discours européen et national, et désormais le caractère critique et politique de la question des paiements, et qui explique en partie la radicalité de certaines orientations et décisions européennes.

  1. La perception différente des acteurs du marché

Face à cette nouvelle donne, nous avons voulu avec notre conférence disposer également de la compréhension du sujet par les acteurs opérationnels du marché, et nous avons donné la parole aux acteurs bancaires et industriels européens, et aux experts technologiques, pour échanger avec eux sur leurs définitions et visions de ces vulnérabilités et des objectifs à atteindre dans les paiements en Europe dans le nouveau contexte d’aujourd’hui. Plusieurs des keynotes de cette Rencontre sont publiées dans la présente newsletter,  et nous publierons prochainement des synthèses des tables rondes, et des extraits vidéo, mais essayons déjà de ressortir quelques grandes lignes de cette Rencontre.

 Pour les acteurs bancaires, industriels ou commerciaux, il y a bien une intégration de l’objectif de souveraineté dans les stratégies individuelles, dans une logique citoyenne, et même plus, comme l’a rappelé Martina WEIMERT, une conscience de l’enjeu politique majeur du sujet, mais sans justifier une remise en cause des stratégies antérieures, qui privilégient les solutions du marché pour gagner la bataille de la Souveraineté, au détriment de solutions politiques, qui ne sont pas en prise directe avec les utilisateurs et clients. Et les objectifs tiennent donc, en matière d’infrastructures, dans la défense des investissements déjà réalisés et pour les investissements complémentaires, dans le pragmatisme des solutions.

D’abord les acteurs du marché mettent en avant la diversité des habitudes de paiement dans les divers pays européens, même si l’usage de la carte de paiement est largement normalisé en Europe, de même que les  instruments SEPA (virement, virement instantané et prélèvement) , qui sont déjà normalisés au plan européen, et même si le digital introduit de nouveaux comportements, de nouvelles interfaces, et de nouveaux parcours clients, souvent très homogènes en Europe, comme au plan mondial, comme avec le paiement mobile. Mais, une grande part des paiements européens sont essentiellement domestiques, dans un seul pays, et il reste une part non négligeable des paiements domestiques qui répondent encore à des formes de paiement spécifiques d’un pays à l’autre (par exemple le chèque en France). 

Par ailleurs, la plus grande part des infrastructures existantes au plan européen (et elles sont très nombreuses) sont des infrastructures domestiques. Tout le monde a bien en tête que la plupart de ces infrastructures sont peu viables et peu à même de répondre aux nouveaux défis technologiques et bancaires au plan international, mais la France fait en ce domaine figure d’exception, assure sa souveraineté dans les paiements, et se trouve isolée en Europe. Et il y a quelques infrastructures européenne (comme Wero) ou mondiales (comme Swift) qui complètent bien le dispositif français. Mais, tous les acteurs européens, bancaires ou technologiques, Worldline comme EPI, se heurtent à cette fragmentation et à cette diversité européenne, et tous tentent de se donner des objectifs clairs et opérationnels tant au plan domestique qu’européen. Cette situation a cependant permis à des acteurs internationaux, au premier rang desquels les ICS américains, de prendre des positions fortes sur certains créneaux et, par ce biais, de menacer la souveraineté européenne des paiements et d’imposer leurs propres infrastructures, dont la plupart hors d’Europe, en tous cas de l’Union européenne.

Faut-il en conclure qu’il faut se couper des acteurs internationaux ? Pour diverses raisons, cela n’est pas encore à l’ordre du jour, notamment du côté du commerce, dont beaucoup de grands acteurs ont des engagements forts avec certains d’entre eux. C’est aussi le cas des entreprises, qui sont souvent le « parent oublié » des règlementations européennes et  ont besoin des acteurs internationaux pour finaliser une part majeure de leurs transactions. Enfin, le choix du cobadging n’est pas non plus admis par tous, essentiellement par de grandes fintechs et quelques banques de commerçants, même si tous les grands acteurs bancaires français ont pris en ce domaine des décisions résolues, comme on l’a vu dernièrement, et comme cela a été très clairement réaffirmé au cours de notre Rencontre .

L’autre orientation assez partagée est la nécessité de combiner les infrastructures domestiques existantes lorsqu’elles sont compétitives et viables, et les infrastructures européennes et internationales existantes qui peuvent contribuer à la souveraineté, plutôt que de se lancer dans la construction de nouvelles infrastructures, difficiles à réaliser en commun et difficiles à rentabiliser. Ce qui ne s’oppose ni à la mise en commun pour faire naitre un nouvel acteur européen, comme on l’a vu au sein d’EPI, ni à l’interconnexion, comme première étape, pour couvrir les transactions transfrontières, comme on l’a vu avec le Hub entre Wero et les solutions de l’Alliance EuroPA.

Ainsi, la souveraineté dans les paiements ne peut être une construction in abstracto, mais doit pouvoir s’appuyer sur l’existant, au moins dans les pays qui assurent tout ou partie de leur souveraineté dans les paiements, comme la France

Plusieurs autres questions s’ajoutent à ces clarifications, à savoir

  • D’une part les enjeux de l’irruption de nouveaux défis dans les paiements comme la sécurité des accès et l’identité numérique, le développement des wallets, l’urgence des DLT, des dépôts tokenisés, des stablecoins, et la nécessité d’un actif de règlement central, pour assurer l’interopérabilité et le dénouement des transactions tokenisées, les apports et menaces de l’IA et du Quantique, qui vont occuper une place centrale dans les paiements européens, et dès lors, les évolutions de la fraude et des comportements clients qui résultent de toutes ces multiples évolutions… Ces évolutions vont déplacer la confiance que les acteurs économiques ont envers la monnaie et envers les moyens de paiement, et vont exiger de garder la main, alors que les technologies nouvelles déplacent les lieux de stockage des données et développent les vulnérabilités.
  • Et d’autre part, les dépendances nombreuses aux technologies extra-européennes et aux acteurs non européens du secteur du numérique, alors que l’Europe dispose de l’expertise, voire de la capacité de maitrise de plusieurs technologies clés nécessaires aux paiements. Ces dépendances soulèvent une double question : celle de la conservation en Europe de l’expertise nécessaire à la souveraineté, et celle des moyens de constituer en Europe des champions qui vont permettre de consolider la souveraineté.

 

  1. Les voies de l’avenir

En final, l’Europe est face à plusieurs défis :

  • Premier défi : La nécessité d’une mise à jour profonde de la Stratégie des paiements de détail proposée en septembre 2020 par la Commission européenne , qui s’est appuyée sur le paiement instantané, mais aussi la stratégie des paiements de gros, qui s’appuie sur la création de Target2 il y a près de 20 ans, car la souveraineté européenne est réellement menacée, y compris dans le domaine des transactions de gros, avec la suprématie américaine en matière de stablecoins et de solutions DLT, voire des investissements considérables dans les technologies du Cloud et de l’IA. L’objectif n’est pas l’indépendance, ni technologique, ni même en matière de solutions de paiement, en tous cas à court terme, mais la réduction des vulnérabilités et la nécessité de garder l’expertise nécessaire à la maîtrise des choix structurants pour la résilience des paiements européens, mais aussi des paiements internationaux, donc pour assurer la sécurité économique de l’Union européenne.
  • Deuxième défi : L’absence de réponse commune unique transeuropéenne face à ces vulnérabilités (1) sans s’appuyer sur les professionnels des paiements, et l’Europe a une richesse inexploitée en ce domaine, (2) sans s’appuyer également sur l’existant national, européen, international, quand il est viable et compétitif, et de définir partout des stratégies pour assurer les souverainetés domestiques, comme la France l’a fait, en s’appuyant sur les solutions souveraines présentes en Europe, soit dans d’autres États, soit au plan transeuropéen, et (3) sans sortir des logiques domestiques pour aller sur le terrain européen, pour faire valoir les atouts qui existent ici et là, les promouvoir comme solutions européennes, transformer cette ambition européenne de souveraineté en réalité, à partir des initiatives locales ou européennes, et faire surgir des champions européens, industriels et bancaires, qui pourraient accompagner les investissements nécessaires. Cette tâche collective est urgente.
  • Troisième défi : L’urgence de redéfinir le pacte entre les acteurs professionnels du paiement, notamment les banques, et les pouvoirs publics européens, reconstruire un véritable partenariat public-privé, (1) d’une part en partageant davantage la vision des Pouvoirs publics sur les menaces, les vulnérabilités et les protections nécessaires, peut-être insuffisamment perçues par les acteurs du marché, (2) d’autre part en partageant  la vision des professionnels des paiements sur la lourdeur des règlementations, sur leur capacité d’innovation, sur les solutions opérationnelles viables à long terme et sur les moyens d’assurer des investissements compétitifs en s’appuyant sur des architectures et des solutions qui ont fait leurs preuves, insuffisamment mesurées par les Pouvoirs publics européens, (3) et enfin, la nécessité commune d’organiser les évolutions sur le long terme, en articulant approches domestiques et approches transeuropéennes, et la nécessité de disposer d’une communication qui n’oppose pas monnaie publique et monnaie commerciale, mais qui montre que seule une combinaison des deux ensembles peut démultiplier la puissance de la monnaie centrale.     

FRANCE PAYMENTS FORUM va poursuivre ses efforts d’explication et de débats via ses groupes de travail et ses Rencontres, pour créer les conditions d’un consensus de long terme sur la Souveraineté européenne des paiements, entre les acteurs du paiement en Europe.

 

 

L’euro numérique : la veillée avant les votes

Hervé SITRUK, Président-Fondateur FRANCE PAYMENTS FORUM

 

Le Parlement européen s’apprête à décider d’une évolution majeure, à savoir le lancement de l’euro numérique, après la position prise par le Conseil européen en décembre dernier[2], et la résolution adoptée par le Parlement européen en février dernier dans le cadre de son examen du Rapport annuel 2025 de la BCE[3].

La décision attendue du Parlement semble faire l’objet d’un consensus politique européen très large, comme le laisse supposer le vote précédent du Parlement européen en février dernier, car le sujet de la Souveraineté est devenu très critique au plan politique comme l’ont bien expliqué Astrid COUSIN, Thomas VLASSOPOULOS et Erick LACOURREGE, lors de notre Rencontre du 14 avril dernier.

Pourtant, cette décision attendue suscite également un rejet d’une large part de l’industrie européenne des paiements, notamment celle des banques européennes, qui la perçoivent toujours comme menaçante pour leur futur et sans apport majeur pour la souveraineté de la monnaie unique. Et en France on note que les deux plus grandes associations d’entreprises, la CPME et le MEDEF, ont apporté leur soutien à la FBF[4] et cherchent à limiter l’impact de cette décision, en faisant valoir que l’euro numérique sera un nouveau coût pour l’économie, qui restreindra les capacités de crédit et pèsera sur l’investissement des entreprises.

Il y a donc un désaccord qui reste profond entre le monde professionnel et les gouvernants, et qui ne s’est pas résorbé, malgré les longs mois de débats et de tentative de concertation, et toutes les propositions faites pour aller vers le consensus, comme celles de FRANCE PAYMENTS FORUM. Et ce débat ouvert, s’il se poursuit, pourrait devenir très préoccupant pour le futur des paiements en Europe.

Il faut donc encore bien mesurer ce risque et essayer d’identifier chacune des questions clés qui se posent encore aujourd’hui. Nous ne pouvons à ce stade prétendre y répondre de façon exhaustive, mais peut-être peut-on déjà lister quelques questions qui nécessiteraient des réponses rapides.

Ainsi, à la question : Peut-on prendre une telle décision, très structurante, et même qui sera contraignante, car fondée sur la base d’un très large consensus politique, mais sans tenir davantage compte du point de vue des professionnels et des entreprises européennes ? Une première réponse vient naturellement à l’esprit :  c’est le rôle des politiques de prendre les décisions difficiles, mais cela ne clôt pas le sujet. Je ne vais pas revenir ici sur les motivations politiques ou le bien-fondé de cette probable décision : à l’heure actuelle, les tensions géopolitiques l’emportent sur toute autre considération, notamment sur les lois du marché, et l’avis des professionnels semble compter bien peu.  Aujourd’hui, la démarche est plus contraignante qu’ouverte au dialogue. Mais, il semble cependant incontournable de chercher à davantage tenir compte de leur point de vue, et chercher à créer les conditions du dialogue et d’un consensus, pour éventuellement éviter les risques associés à ce vote, notamment pour accroitre les chances de succès du lancement de l’euro numérique, si cela était décidé.

Dès lors, du côté bancaire, un petit espoir subsiste de voir une inflexion du projet et un consensus plus large émerger, via les propositions du Rapporteur du Parlement européen. Maya ATIG, Directrice générale de la FBF a d’ailleurs écrit dernièrement : « Il revient à Fernando NAVARRETE d’être rapporteur de ce texte et de trouver les voies d’un compromis. Pour cela, par son expérience et son expertise, il est le mieux placé ». Et dernièrement encore, la FBF a organisé un évènement à Bruxelles sur la « Souveraineté européenne des paiements », pour tenter de convaincre les parlementaires européens.

Mais, les divisions au sein de la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, en particulier entre le Rapporteur, Fernando NAVARRETE, et la Présidente, Aurore LALUCQ, laissent peu d’espaces de convergence, et c’est le vote en assemblée plénière qui tranchera le désaccord persistant. Et comme indiqué, la décision ne laisse que peu d’espoir aux acteurs du marché.

Dès lors, à la veille de ce vote, trois autres questions se posent :

– Que signifierait ce vote et quelles conséquences pourrait-il induire ?

– Quels profits les banques pourraient-elles malgré tout tirer de cette décision, si tant est qu’elles le jugent possible ?

 

  1. La signification du vote et ses implications

D’abord, sans évolution majeure des positions des uns et des autres, ce vote constituera sans aucun doute une rupture, ou tout au moins une forte incompréhension, entre politiques et professionnels, qui pourrait marquer le futur des relations entre tutelle et opérateurs, même si chacun veillera à en minimiser les effets induits. La loi européenne s’imposera à tous, et c’est sous la contrainte que règlementaire les professionnels se résigneront et feront contre mauvaise fortune bon cœur. À l’exception de ceux, industriels ou prestataires des paiements qui pourraient bénéficier d’un projet public estimé au bas mot à 5 milliards d’euros… Et à l’exception aussi des nouveaux entrants, notamment certains EPAME ou certains acteurs non européens, qui y trouveront une occasion de se développer au détriment des banques européennes.

Cette décision impactera dès lors sans aucun doute le partenariat public/privé dans le monde de la banque et de la finance, qui existe depuis plus de deux cents ans en France, même si la nécessité de ce partenariat est sans cesse affirmée et confirmée par les banques centrales de l’Eurosystème, et par les banques elles-mêmes, notamment les banques françaises qui ont publié un document de position[5]. Il touchera tout ou partie de l’industrie bancaire et probablement au-delà, une grande partie des professionnels européens des paiements impliqués dans la chaîne de valeur de la monnaie scripturale, qui devront redéfinir une stratégie collective et individuelle pour l’Europe des paiements. Et il concernera les projets en cours de l’industrie européenne, y compris Wero, et la dynamique de défense de la souveraineté européenne des paiements. D’autant que les tiers non européens feront tout pour tirer parti de ces divergences entre professionnels et pouvoirs publics européens.

Comment expliquer en effet une telle décision aux banques et aux industriels, au moment du déploiement généralisé d’un instrument européen comme le paiement instantané, répondant à la stratégie de la Commission européenne lancée en 2020 pour contrer les ICS, et du lancement du premier grand projet européen, Wero, voire le démarrage du hub entre Wero et les solutions de l’Alliance EuroPA, pourtant censés offrir les moyens d’une intégration et d’une souveraineté européenne des paiements ?

Comment l’expliquer sauf à considérer que la situation est devenue très critique au plan géopolitique, et (1) ne peut plus attendre le résultat du déploiement de Wero, fussent-il excellents,  (2) que l’ampleur médiatique prise par le projet d’euro numérique en Europe et au plan international ne permet pas de retour arrière, (3) que son apport politique serait supérieur aux autres considérations opérationnelles, en Europe et au plan international, (4) ou encore que les solutions des acteurs du marché seront insuffisantes, quand bien mêmes elles réussiraient, ce qui n’est pas jugé acquis, car elles sont non universelles en Europe, et qu’il faut donc préparer la relève par une solution publique, donc plus universelle et plus contraignante … ? Il s’agit probablement d’un mix de tous ces divers motifs.

Mais, d’autres questions se posent.

Quand bien même le projet est-il jugé incontournable, comment expliquer que les Pouvoirs publics lancent un nouvel instrument et un nouveau projet, qui apparait aux yeux des banquiers comme concurrent de Wero et de toutes les solutions européennes du même type, et que certains observateurs ou acteurs présentent au grand public comme disposant de qualités supposées supérieures à la monnaie scripturale, en déclarant notamment qu’il s’agirait d’« Un instrument de paiement sûr, complémentaire de l’argent liquide, accessible à tous, et garanti par la banque centrale européenne. » ?[6] Sans oublier qu’il serait gratuit, et disponible dans toutes la banques et sur tous les supports des Instruments de paiements scripturaux existants ? Car l’idée est de l’inclure dans les solutions de paiement privées préexistantes et de le faire distribuer par les PSP, pour mieux le faire parvenir aux particuliers qui utilisent ces instruments, et pour mieux faire contrôler l’identité des utilisateurs par les PSP. Il y a peut-être là matière à discussion, au moins sur le planning et sur la communication ?

Quant à l’argument sur la concurrence entre l’euro numérique et les moyens de paiement scripturaux, il est certes contesté par la BCE et l’Eurosystème, qui répondent que l’euro numérique « would serve as a common payment infrastructure on which banks could build to innovate. Importantly, banks will be able to generate revenue streams for both basic and innovative services »[7]. Mais, cet argument est jugé peu convaincant par les banques, qui mettent en balance les risques sur les dépôts bancaires, mais aussi les coûts de l’implémentation de l’euro numérique, et les conséquences sur les investissements en cours. L’euro numérique ramène les banques du statut de créateur monétaire à celui de distributeur monétaire, comme tous les autres PSP.

Comment expliquer également que les pays européens comme la France qui ont fait beaucoup pour assurer leur souveraineté dans les paiements vont devoir réaffecter une part majeure de leurs moyens pour mettre en place cette nouvelle solution, et s’écarter de leur stratégie, pour combler les carences européennes et notamment celles des États européens qui n’ont rien fait pour assurer leur souveraineté domestique, ni européenne ? Sur ce sujet, Erick LACOURREGE a tenté un premier niveau de réponse le 14 avril dernier, lors de la Rencontre FRANCE PAYMENTS FORUM sur la Souveraineté des paiements, et a bien admis qu’« il ne faut pas que l’écosystème français, qui est en avance et auto-suffisant, en pâtisse. Ce qui a été dit … est à regarder pour que la situation française ne soit pas dégradée par rapport à ce qu’elle est aujourd’hui (ce qui serait un comble) ». Cela reste cependant un risque important aujourd’hui du point de vue bancaire.

Autre question : Comment expliquer que la solution promue par la BCE pour assurer la souveraineté européenne des paiements soit ouverte aux acteurs internationaux non européens, ICS et Big Techs, alors qu’elle est censée lutter contre leur emprise ? C’est une question qui est au centre des interrogations, et pas seulement des acteurs bancaires. Même les représentants du Commerce s’interrogent sur ce sujet. Et pour le moment, les règles de la concurrence en Europe et du commerce international s’apposent à toute discrimination en ce domaine.

Cette décision de lancement d’un euro numérique produira aussi immanquablement un certain nombre d’incompréhensions ou d’interrogations dans l’opinion publique européenne.

Comment expliquer à l’opinion publique européenne la différence entre la monnaie bancaire numérique en euros, qui existe depuis la création de l’euro, et la monnaie centrale numérique en euro, toutes les deux fongibles, et qui porteront toutes les deux la même unité de compte, l’euro ? Et comment lui expliquer, alors qu’elle est très attachée à sa banque via la carte bancaire et demain le paiement instantané, que les pouvoirs publics s’apprêtent à émettre un nouvel instrument de paiement accessible à tous, gratuit, sécurisé,  .. et qu’elle considérera inévitablement comme garantie par la Banque centrale, ce qui ne sera pas le cas a priori ?

Comment expliquer qu’il faudrait, malgré tout, encore faire confiance à la monnaie scripturale bancaire quand on émettra une monnaie publique dite centrale, aux apparences identiques, mais aux qualités présentées comme supérieures, par la simple force de la loi… ?

Ainsi, ce recensement se résume ainsi : comment éviter ou restreindre les effets induits sur les projets en cours, sur l’opinion, sur le marché, et les risques sur la réussite du projet de lancement de l’euro numérique ?

Beaucoup de questions qui restent encore sans réponses, et qui vont nécessiter un important effort de communication des pouvoirs publics… et probablement des banques.

  1. Les moyens du consensus

La décision à venir du Parlement européen (puis du trilogue qui suivra) aurait nécessité une préparation préalable de l’opinion et un début de consensus autre qu’exclusivement politique entre les Pouvoirs publics et les acteurs européens du marché.

De nombreux acteurs dont le rapporteur du Parlement européen, Fernando NAVARRETE, ont présentées des propositions pour aménager le projet ou lui donner du contenu, que nous avons également soutenues à FRANCE PAYMENTS FORUM, mais aucune ne semble avoir été retenue ou devoir être retenue.

Les banques ont aussi proposé dernièrement trois orientations. Comme l’a rappelé Maya ATIG, Directrice générale de la FBF[8], il faudrait :

* bâtir un véritable partenariat public-privé avec la Banque centrale européenne ;

* réutiliser les standards de paiement européens actuels, notamment ceux du paiement instantané ;

* garantir que l’euro numérique renforce — et non affaiblisse — la souveraineté européenne.

Ainsi, les banques ont suggéré une ultime modification : qu’il s’agisse seulement d’une forme nouvelle de monnaie centrale et non parallèlement d’un nouvel instrument de paiement, et que le projet réutilise les infrastructures de paiement bancaires préexistantes… sans se faire entendre également, au moins pour le moment.

Ce débat technique comme d’autres ne semblent pas totalement clos, car il semble bien légitime, même s’il semble malgré tout assez bien fermé. Certes Erick LACOURREGE a dernièrement indiqué « comment peut-on faire converger, dans le wallet Wero, le paiement en euro numérique à côté du paiement Wero ? C’est un point très important, mais aujourd’hui, nativement, l’architecture TIPS n’a pas été conçue pour supporter en parallèle les paiements instantanés en monnaie commerciale et en monnaie centrale et il faudrait donc la modifier. », ce qui prendrait beaucoup de temps. Erick LACOURREGE a ajouté « tout cela peut être regardé, et c’est d’ailleurs un sujet que nous regardons et que nous continuerons de regarder en liaison avec les banques, encore plus si le projet euro numérique est voté, car derrière on passera au concret et il faut que le concret marche ». Du côté bancaire l’écho est clair : c’est un refus ferme et catégorique des banques centrales de toute évolution du projet d’euro numérique sur ce sujet.

Et à FRANCE PAYMENTS FORUM, nous avons aussi déjà tenté, à de nombreuses reprises, de créer les conditions de ce consensus, d’une part par des propositions, en s’inspirant du « scénario de Madrid » adopté en décembre 1995 pour le passage à l’euro, et qui a permis le succès de cette grande évolution monétaire, et d’autre part, par des documents de position et des Rencontres à haut niveau.

Nous avons notamment proposé trois orientations :

– d’abord donner une priorité absolue au projet d’euro numérique wholesale pour assurer la pérennité de l’euro, en émettant très rapidement, des 2026, une forme DLT de la monnaie centrale de gros. De même que l’émission de stablecoins en euros… dont nous avons rappelé l’urgence lors d’une rencontre digitale FRANCE PAYMENTS FORUM. Et comme la Suisse s’apprête à le faire…Le Trésor français et le Gouverneur de la Banque de France ont souligné à de multiples reprises l’importance et l’urgence de cette MNBC de gros et du complément par une monnaie privée, les stablecoins et deposit tokens en euros.

On peut regretter, comme l’a fait notamment Pierre FERSZTAND lors de notre Rencontre du 14 avril, que le projet d’euro numérique wholesale avance trop lentement et que le projet PONTES ne soit pas fondée sur la DLT. Interrogé à ce propos lors de cette même Rencontre, Thomas VLASSOPOULOS s’est attaché à en expliquer les raisons et à remettre en perspective l’articulation PONTES/APPIA : « It is true that Pontes is an interoperability solution, a bridge to the traditional settlement system T2. But even Pontes will evolve from its initial minimum viable product that will go live in 2026 Q3: we will have upgrades of functionalities already in the coming quarters”.  Et sur le sujet du projet APPIA, il a ajouté  “There was another option : to go for a “big bang” solution that is fully integrated from the start. That would take a very long time, and in the meantime, the risk is that either the market does not develop, or the market develops in a less safe ground in terms of the settlement asset, or it develops using as a settlement asset dollar-denominated and then we go to the theme of our conference, i.e. sovereignty.”  Pour conclure : “This is the reason why we think it is important to go quickly to the market with a solution that provides a minimum viable product and, in parallel, work with the market and the industry to design the integrated ecosystem”. La question qui subsiste est de savoir si cette stratégie en deux temps a une quelconque chance du succès vu la vitesse des évolutions du marché de gros, et des stablecoins en dollars.

– puis de laisser du temps d’avance au projet Wero et au Hub commun avec les solutions EuroPA pour leur permettre de se déployer, avant le déploiement de l’euro numérique, et peut-être assurer leur pérennité. Alors que le lancement de l’euro numérique va constituer une double diversion, de communication et de moyens, que les ICS et Big Techs vont probablement vouloir mettre à profit.

Dans les faits, le projet d’euro numérique n’arrivera qu’en 2029, et ce ne sera que le démarrage, et Wero aura eu 3 ans d’avance pour se déployer, en espérant que les travaux sur l’euro numérique ne réorientent pas d’ici là les efforts, ni les investissements au détriment de Wero. Dès lors, les banques s’interrogent sur l’urgence de maintenir le projet d’euro numérique sans attendre de savoir si le projet Wero a réussi ou non. A moins de le considérer comme un back-up, mais un back-up dix fois plus coûteux, notamment du fait du changement d’architecture technique.

– Enfin de déployer en priorité ce nouvel instrument dans les pays où la souveraineté des paiements n’est pas encore ou du tout assurée, ce qui représentent les deux tiers des États européens…, en se rappelant que plus de 90% des paiements sont encore aujourd’hui domestiques… Ces pays pourraient se doter d’un plan assurant leur souveraineté des paiements comme la France l’a fait, et de choisir l’euro numérique, à défaut d’adopter une autre solution européenne souveraine.

En réponse à ma question sur ce point lors de notre Rencontre du 14 avril, Erick LACOURREGE a souligné que « cette question est celle des « passagers clandestins ». C’est un peu comme pour la défense : beaucoup de pays européens se sont reposés sur les Américains pendant très longtemps et on voit aujourd’hui où cela nous mène. Sur les paiements, trois quarts des pays de l’Union européenne n’ont pas de solution autonome et n’ont même pas d’organisation, de gouvernance des paiements au niveau national. C’est un vrai sujet » mais il a conclu ensuite qu’il n’y avait aucun moyen pour les inciter ou les convaincre de s’atteler au sujet, et d’y apporter des solutions via un plan national

Cependant, puisque tous les États européens semblent soutenir la souveraineté européenne, peut-être pourraient-ils choisir entre la solution d’un autre pays européen souverain, comme CB en France, une solution européenne, comme Wero ou d’un pays de l’alliance EuroPA, et in fine, l’euro numérique, à défaut d’une combinaison des deux premières solutions ? Ce pourrait être l’objet d’un règlement européen, car c’est la souveraineté européenne qui est en jeu. Lors du passage à l’euro, durant la période transitoire, chaque pays a bien été amené à définir sa stratégie pour la deuxième phase, à savoir la mise en place de l’euro scriptural et fiduciaire.

Aujourd’hui, ces orientations ne sont donc pas semble-t-il à l’ordre du jour, et les réponses apportées par les banques centrales européennes n’ont pas convaincu ni rassuré la communauté bancaire européenne. Et on s’oriente vers la mise en œuvre de l’euro numérique en l’état du projet, malgré toutes les difficultés techniques et questions en suspens.

  1. Comment tirer profit de cette décision future ?

Des lors, il restera une dernière question : comment tirer un profit de cette décision, même contraignante ? Il est certes encore trop tôt pour le faire. Il faut attendre les votes du mois de mai, en commission et en séance plénière du Parlement, le « wording » des décisions, et le trilogue qui leurs succédera. Mais, il faudrait alors s’y atteler rapidement, pour éviter que cette divergence majeure entre banquiers centraux et banques commerciales notamment, ne se retourne in fine contre l’industrie européenne des paiements, qui a déjà de très nombreux défis à relever, et contre l’euro.

C’est pourquoi FRANCE PAYMENTS FORUM se propose d’organiser dès le 25 juin prochain une Rencontre sur l’euro numérique pour essayer collectivement d’analyser la situation et essayer de tirer les enseignements de ce vote, voir quels aménagements du projet pourraient être encore possible et quels profits éventuels tirer de ce projet, dans l’intérêt collectif, si bien sûr le projet était adopté.

 

 

[1] Lors du 3e Sommet CB du 31 mars dernier

[2] Monnaie unique: le Conseil arrête sa position sur l’euro numérique et le renforcement du rôle des espèces – Consilium

[3] Les députés soulignent l’importance de l’indépendance des banques centrales | Actualité | Parlement européen

[4] Euro numérique de détail : « Ne tirons pas un but contre notre camp, soyons plus stratégiques avec un véritable partenariat public-privé » – Les Echos

[5] Euro numérique de détail : comment conclure un partenariat public-privé ?

[6] Cf. L’euro numérique, un enjeu de souveraineté • FRANCE 24  (13 avril)

[7]  Cf. Edition 24 : Banking on the digital euro (ECB 23 avril 2026)

[8] Cf. Post de Maya ATIG 17 avril 2026

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Les Grands Dossiers Européens

A la veille des votes sur l’euro numérique du Parlement européen, la question de la Souveraineté des paiements a pris un tour critique, avec un renforcement des tensions entre l’Europe et les Etats-Unis, d’où l’importance des évènements et publications sur ces deux sujets, qui masquent déjà deux autres questions, liées, le déploiement de Wero et du Hub avec l’Alliance EuroPA, et le développement de la tokenisation et d’une industrie privée des cryptopaiements en Europe, qui sont tout aussi importants, et continuent de susciter articles et publications sur les réseaux sociaux.

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