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Les leçons des dernières élections européennes et les priorités de FPF

La seule association des paiements en France portant haut les couleurs de l’industrie bancaire française.

FPFHervé SITRUK, Président, FRANCE PAYMENTS FORUM

L’élection des représentants au Parlement européen s’est globalement soldée par une assez grande stabilité malgré la situation chaotique de la France. L’Europe va pouvoir poursuivre ses avancées, même si les trois présidences à venir (Hongrie, Pologne et Danemark) étant assurées par des Etats-membres hors zone euro, on peut craindre qu’il n’y ait pas beaucoup d’avancées dans le domaine des paiements, ou tout au moins, pour la zone euro.
Il faut donc s’atteler au plan européen aux priorités absolues, finaliser le paquet législatif présenté par la Commission européenne sortante sur la future DSP3 et la PSR, faire réussir les déploiements en cours, dont celui de WERO, et renforcer la sécurité des paiements.

Quant à la réflexion sur l’euro numérique, elle avancera certainement au sein de la zone euro avec les pays qui souhaiteraient avancer, même si la réglementation européenne tardera à être finalisée (il faudra probablement patienter jusqu’à 2026). Il faut donc clarifier le scénario de passage à l’euro numérique, en priorisant les paiements wholesale, et dialoguer sérieusement avec le secteur bancaire pour s’inscrire dans les travaux déjà en cours comme Wero, pour la partie des paiements de détail, sans les concurrencer.

Et il faudra donc surtout avancer en France, pour consolider le marché français et préparer le futur, avant un tempête probable géostratégique … à court ou moyen terme.

La France doit être active dans trois directions :

  • Le déploiement de l’IP et de Wero
  • La consolidation de son système carte domestique
  • Le renforcement de la sécurité des paiements

 

Mais, elle doit aussi promouvoir au plan européen les solutions françaises qui ont fait leurs preuves et adopter quelques best practices qui existent ici ou là en Europe, avancer et préparer son futur dans l’organisation des solutions de paiement et dans la prise en compte des grandes évolutions à venir : tokenisation, cryptopaiements, identité numérique, signature électronique, IA, voire anticipation des risques liés au Quantique.

Enfin, elle doit avancer au niveau domestique, à la fois pour régler des questions lancinantes comme celle du chèque, pour lequel la France apparaît comme la lanterne rouge de l’Europe, mais aussi pour traiter de façon efficace les questions concernant les paiements des entreprises. Elle doit enfin apparaître comme la meilleure élève de l’Europe dans la mise en œuvre des Directives et autres règlements européens.

L’organisation de solutions de paiement françaises doit viser un triple objectif :

  • Disposer de solutions up-to-date, sécurisées et résilientes
  • Réduire les coûts
  • Résister aux tentatives d’acteurs internationaux de s’emparer d’une partie des paiements français


Les partenariats CAWL et BNP Paribas-BPCE constituent en ce sens deux belles annonces pour constituer des offres compétitives, à vocation européenne ou uniquement domestique, et dotant la France d’acteurs ayant les moyens d’affronter le futur.

Par ailleurs, la campagne déjà engagée par le Groupement des Cartes bancaires pour porter haut les couleurs de la France et développer une stratégie de reprise de parts de marché à ses compétiteurs des ICS complètera le dispositif français.

Et en matière de sécurité et d’identité numérique, l’émergence de solutions comme SEPAmail ou b. Connect permettront de donner à la France de premières armes pour le futur.

Mais il faudrait, dès à présent réfléchir aux moyens d’aller plus loin.

Car les grands risques en France concerneront :

  • Le modèle économique des paiements, qui aura du mal à rejoindre les standards internationaux, ne permettant pas de dégager de marges suffisantes pour financer de grandes avancées
  • Le déploiement des solutions internationales, notamment des ICS et Big Techs, qui n’auront de cesse que de mettre en difficulté les solutions européennes et françaises
  • La poursuite de la remontée de la fraude, sous la double dynamique de l’innovation technologique et des manipulations psychosociales s’appuyant sur une ouverture exacerbée de l’Open banking et de l’initiation des paiements.


Il faut donc que le plan stratégique français pour la période 2025-2030 soit ambitieux et soit à la fois une contribution sérieuse à la construction du marché européen et permettent de faire de la France et de son industrie des paiements le fleuron européen.

C’est un objectif que se fixe FRANCE PAYMENTS FORUM avec ses membres. Car nous sommes la seule association des paiements en France portant haut les couleurs de l’industrie bancaire française, au plan technologique comme au plan réglementaire et des pratiques, dans tous les compartiments des paiements, et abordant les questions européennes avec enthousiasme, malgré les difficultés liées à la fragmentation du marché européen et au poids de solutions nombreuses et peu concurrentielles qui existent dans les 27 États-membres de l’Union européenne.

Par la diversité de ses membres représentants à la fois les PSP, les grands offreurs de services et de produits numériques pour les paiements, certaines Fintechs actives, et de nombreux cabinets de conseil, par ses contributions importantes à la réflexion de Place, que certains nous reconnaissent, par la diversité de ses groupes de travail, par son effort pour clarifier les débats dans les paiements au travers de documents de position et de Rencontres de haut niveau, par sa Newsletter qui permet à chacun de disposer de l’information sur les évolutions du monde des paiements, par son groupe orienté vers la promotion des femmes dans les paiements, FRANCE PAYMENTS FORUM a démontré son dynamisme et sa créativité. Il faut désormais consolider la position en France et en Europe.

Cela passera par trois modalités :

  • Une organisation interne plus structurée pour devenir pérenne.
  • Un rapprochement avec les organisations et associations des paiements ou qui gravitent autour du paiement et du numérique, pour à la fois irriguer le marché et coller aux attentes opérationnelles des acteurs et aux évolutions des technologies au service des paiements.
  • Une ouverture plus forte au plan européen et une recherche de partenaires européens pour constituer une association réellement européenne des paiements.

 

Cela nécessite de renforcer nos adhésions pour disposer des moyens financiers et humains de cette ambition.

C’est l’engagement de FRANCE PAYMENTS FORUM vis-à-vis de ses membres et de la Place, qui se déploiera dès la rentrée, notamment auprès de la future Commission européenne.

 

 

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