
Malgré certains champions nationaux comme CB en France, les paiements dans beaucoup de pays européens demeurent encore largement dépendants de solutions et d’infrastructures contrôlées par des acteurs internationaux. Avec Wero nous portons l’idée d’une alternative, enfin pensée au niveau européen.
L’Europe face à un challenge stratégique majeur
Depuis des décennies, l’Europe se repose pour les transactions transfrontalières sur des acteurs internationaux. Ce modèle, longtemps accepté faute d’alternative, présente aujourd’hui des risques structurels que nous ne pouvons ignorer. Face à ce constat, il est intéressant d’observer que les initiatives locales, à l’instar de CB en France, ont permis d’établir une alternative locale, profitable à l’ensemble des parties concernées et notamment les commerçants locaux. Néanmoins, de telles infrastructures n’existent aujourd’hui que dans une minorité de pays au sein de l’UE, ce qui rappelle l’urgence d’offrir enfin une alternative européenne.
En effet, les risques de « shut-down » apparaissent de plus en plus fréquemment – et si d’autres méthodes de paiement existent, notamment en France, cela poserait néanmoins un problème pour nombre de commerçants français opérant dans d’autres pays en Europe et dont les schémas de paiement reposent sur des acteurs internationaux.
Ensuite, la difficulté de devoir gérer un très grand nombre de moyens de paiements et les coûts associés se posent en frein pour nombre d’entreprises européennes, aujourd’hui obligées de favoriser les solutions de paiement de fournisseurs internationaux pour minimiser le risque de perte de clients au moment crucial du paiement.
La perte de contrôle associée aux tarifs plus élevés par rapport aux solutions nationales et locales, représente une extraction de valeur, des coûts supplémentaires et une dépendance technologique coûteuse. En conservant la maîtrise de nos paiements, nous préservons notre richesse et nos marges de manœuvre.
Face à ce constat, une vérité s’impose : il n’existe pas d’économie véritablement souveraine sans que le commerce puisse s’appuyer sur une infrastructure de paiement souveraine…
L’Europe dispose aujourd’hui de nombreux exemples et technologies d’ores et déjà éprouvées pour une reprise de contrôle sur nos systèmes de paiement – l’enjeu principal étant aujourd’hui le passage à l’échelle et l’interopérabilité des systèmes existants et en devenir. C’est dans cette perspective qu’EPI a été créée et que Wero a été lancé. Notre ambition est simple mais exigeante : offrir aux citoyens et aux commerçants européens une vraie alternative techniquement solide et attractive, économiquement avantageuse et véritablement européenne aux solutions internationales, tout en couvrant à fur et à mesure tous les cas de paiement. Nous collaborons d’ailleurs pour cela avec les autres acteurs du paiement instantané européens pour permettre à l’avenir de couvrir toute l’Europe.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Nous avons dépassé les 50 millions d’utilisateurs de Wero en Europe en à peine 18 mois. Ce succès n’est pas le fruit du hasard, car il reflète une demande réelle de la part des Européens : celle de disposer d’une solution fiable, innovante et européenne.
Faire le bon choix : un enjeu pour l’Europe afin de regagner en compétitivité
Les géants du commerce reconnaissent les bénéfices de s’appuyer sur une solution européenne et prévoient de proposer Wero au courant de cette année à leurs clients : E. Leclerc, champion du retail en France, Orange, leader de la téléphonie en Europe, Décathlon, mastodonte mondial du retail sportif, Veepee, géant européen de l’e- commerce, et bientôt Air France, champion du transport aérien ainsi que la DGFiP… Beaucoup de ces noms incarnent l’excellence européenne. Leur adhésion à Wero n’est pas cosmétique. Elle reflète la conviction profonde que nous devons construire, ensemble, notre autonomie technologique. Ces partenariats constituent des jalons majeurs pour Wero et démontrent que la souveraineté n’est pas un principe abstrait.
En même temps, nous devons toujours résoudre l’enjeu de concurrence et de fragmentation au sein même de la communauté européenne. Cette fragmentation crée des inefficacités. La coopération de Wero avec les autres solutions de paiement européennes (Bancomat, Bizum, Vipps MobilePay, MBWay de SIBS) vise précisément à aligner ce paysage sans écraser la diversité. En effet, de nombreux pays européens ayant travaillé. L’enjeu est de capitaliser sur le succès de chacune de ces solutions de paiement qui répondent aujourd’hui aux besoins concrets de leurs concitoyens et permettant aux professionnels de bénéficier d’une alternative, en développant cette alliance via un modèle d’acceptation commune et une plateforme d’échange.
Par ailleurs, le régulateur s’est fixé un nouvel objectif depuis 2021 : celui de l’Euro Numérique. La Banque Centrale Européenne vise la mise sur le marché d’une monnaie numérique mais aussi d’une méthode de paiement et d’un « wallet ». Pourtant, au regard de l’existant, nous gageons que cette initiative gagnera considérablement en efficacité et en pertinence pratique en s’appuyant sur une infrastructure de paiement robuste et déjà éprouvée dans le secteur privé.
Compte tenu de la multitude d’évolutions et les challenges auxquels nous sommes confrontés en Europe, il paraît plus que jamais essentiel qu’une répartition des rôles et complémentarité entre secteurs public et privés se mette en œuvre pour éviter que les deux domaines se fassent concurrence à l’avenir. Concrètement cela pourra signifier que l’Euro numérique intègre par exemple le « wallet » de Wero, permettant au consommateur de payer demain, soit en utilisant son compte en banque habituel, soit son compte d’Euro numérique.
Vers une stratégie industrielle véritable en Europe ?
L’Europe ne dispose actuellement pas d’une politique industrielle cohérente pour les paiements, ce qui constitue un paradoxe troublant. Imaginez si nous appliquions cette logique à d’autres secteurs critiques : l’énergie, la santé, le transport. L’absurdité de la situation nous sauterait aux yeux. Et pourtant, c’est exactement ce que nous faisons avec les paiements.
Cette carence d’une stratégie collective reste aujourd’hui essentielle à combler pour aller de l’avant. Mais nous ne pouvons avancer seuls. La mobilisation se doit d’être généralisée au sein de l’Europe et inclure celle des banques, bien sûr, qui constituent un élément de confiance dans les paiements, celle des entreprises fintech qui apportent l’innovation et celle des décideurs publics, qui doivent arbitrer en faveur de l’intérêt commun. D’autres puissances mondiales (Chine, Inde, Brésil, …) ont investi massivement dans leurs infrastructures de paiement, qu’elles ne considèrent pas comme un enjeu secondaire, mais comme une priorité stratégique. L’approche du régulateur en Europe est plutôt celle de « l’empilement » ou de la juxtaposition : « Instant Payments », PSD3, PSR, identité numérique et euro numérique, etc. Autant de chantiers lancés dans un laps de temps relativement court et sans priorisation suffisante pour que les banques et acteurs de paiement puissent les adresser correctement. Ce manque de cohérence dans la stratégie et de priorisation au niveau européen nuit aujourd’hui à l’ensemble de la chaîne et agit comme un frein à l’innovation et à l’atteinte de nos objectifs en matière de souveraineté.
En parallèle, le secteur évolue à une cadence vertigineuse : Paiement agentique, stablecoin, automatisation – chacune de ces innovations redessine le champ des possibles et les différentes régulations européennes ne les adressent que partiellement pour l’instant.
Nous vivons une période charnière. Les infrastructures que nous construisons aujourd’hui détermineront demain la capacité de l’Europe à conserver son autonomie économique et stratégique. Wero d’EPI incarne bien plus qu’une simple solution de paiement ; nous portons un projet collectif d’indépendance et de prospérité partagée.
Avec notre croissance rapide, une expansion stratégique maîtrisée, des partenariats avec les plus grands noms du commerce en Europe, nous démontrons que cette alternative n’est pas une utopie. Elle est une réalité en construction.


