L’actualité de ces dernières semaines a été très dense sur le sujet des monnaies numériques de banque centrale (CBDC). Pour ne prendre que quelques exemples : le sujet était à l’agenda du G7 ; plusieurs banques centrales ont lancé, ou s’apprêtent à lancer, une consultation publique sur la CBDC; la Banque de France poursuit ses expérimentations sur la MNBC de gros, en coopération avec la Banque Nationale Suisse et la BRI ; Les banques italiennes soutiennent l’euro digital ; SWIFT se positionne pour contribuer aux débats.

La CBDC était à l’agenda de la réunion du G7 (ministres et gouverneurs) qui s’est tenue à Londres le 5 juin. Même si l’attention des médias s’est concentrée sur les orientations retenues par le G7 en matière de fiscalité des multinationales, on voit dans le communiqué publié à l’issue de la réunion que les échanges ont également porté sur la nécessaire coopération sur les CBDCs, ainsi que sur la réglementation des stablecoins et sur l’amélioration des paiements transfrontières.

La Banque d’Angleterre (BOE) a lancé le 7 juin une nouvelle consultation publique sur la CBDC, sur la base d’un nouveau Discussion Paper intitulé New forms of digital money. A cette occasion, la BOE a également publié une synthèse des réponses reçues à la première consultation publique qu’elle avait lancée en mars 2020. Trois semaines plus tôt, le 13 mai, John Cunliffe, sous-gouverneur de la BOE, avait donné un avant-goût de ces documents dans un discours au titre accrocheur  « Do we need public money? » (cf. l’éditorial d’Hervé Sitruk).

Aux Etats-Unis, les choses bougent également, avec l’annonce de la FED du prochain lancement d’une consultation publique. Cette annonce s’est faite en deux temps :

  • le 20 mai, un message vidéo de Jerome Powell, Président de la FED, annonçant que la FED « will issue a discussion paper this summer outlining our current thinking on digital payments, with a particular focus on the benefits and risks associated with CBDC in the U.S. context« . Ce bref message n’est pas passé inaperçu, suscitant par exemple un article de  Finextra titré « Fed chair Powell opens up the digital dollar debate » ;
  • le  24 mai, un discours de Mme Lael Brainard, membre du Board de la FED, expliquant que « In light of the growing role of digital private money in the broader migration to digital payments, the potential use of foreign CBDCs in cross-border payments, and the importance of financial inclusion, the Federal Reserve is stepping up its research and public engagement on a digital version of the U.S. dollar. (…)The Federal Reserve plans to issue a discussion paper to solicit public comment on a range of questions related to payments, financial inclusion, data privacy, and information security, with regard to a CBDC in the U.S. context ».

La Banque d’Israël a annoncé, par un communiqué du 11 mai 2021, qu’elle lançait une consultation publique sur l’émission éventuelle d’un shekel digital, sur la base d’un document de consultation intitulé « A Bank of Israel Digital Shekel: Potential Benefits, Draft Model, and Issues to Examine« .

Lire le document de consultation de la Banque d’Israël.

La Banque de France poursuit ses expérimentations sur la MNBC de gros, en coopération avec la Banque Nationale Suisse et la BRI (projet « Jura »). Dans un communiqué commun du 10 juin 2021, ces trois banques centrales expliquent qu’elles « joignent leurs forces pour expérimenter l’utilisation de Monnaie Numérique de Banque Centrale (MNBC) dans un contexte transfrontière ». Elles précisent que le projet Jura  « vise à analyser les règlements transfrontières effectués via deux MNBC de gros, en euro et en franc suisse, et un instrument financier numérisé français, sur une plate-forme utilisant la technologie des registres distribués (DLT). Cela implique d’échanger un instrument financier numérique contre une MNBC de gros en euros via un mécanisme de règlement livraison contre paiement, et l’échange d’une MNBC de gros en euro contre une MNBC de gros en franc suisse via un mécanisme de règlement paiement contre paiement ».

 

Côté italien, on notera avec intérêt :

·      Le soutien apporté par l’Association Bancaire Italienne (ABI) à l’euro digital. Dans une interview à Central Bank Payments News, Silvia Attanasio, Directrice de l’innovation de l’ABI, présente l’initiative  lancée par l’ABI avec 18 banques représentant 84% du secteur bancaire italien : « The aim of ABI’s digital euro initiative is to proactively contribute to the public debate and support banks operating in Italy as they prepare for the future. The focus is about new services that banks may be able to offer, if and when a digital euro will be issued, so the work is based on the hypothesis that it has already happened ».

Lire l’interview de Silvia Attanasio : Itw Silvia Attanasio – IBA

·      La publication par l’opérateur italien SIA, le 27 avril 2021, d’un « White paper for a retail DLT-based CBDC« .

Lire le white paper SIA : FPF_Newsletter_Juin_2021_Point_3_SIA_whitepaper_retail_dlt-based_cbdc-compressé

 Dernier exemple de ce bref tour d’horizon :  SWIFT se positionne pour contribuer au débat sur les CBDCs (cf. article Finextra du 13 mai 2021  « SWIFT makes its case for place in CBDC world« ), avec la publication, le 12 mai 2021, d’un Discussion Paper « Exploring CBDCs : how they could work for international payments« .

Lire le Discussion Paper SWIFT-Accenture  (pdf joint) : FPF_Newsletter_Juin_2021_Point_3_SWIFT_DP_cbdc_and_international_payments